lundi 11 février 2019

BILAN DES RÉALISATIONS DU MJSP 22 MARS 2017 – 23 AVRIL 2018


BILAN DES RÉALISATIONS DU MJSP

22 MARS 2017 – 23 AVRIL 2018



MISE EN CONTEXTE

En conformité avec les promesses électorales faites par Son Excellence Jovenel MOISE, Président de la République et la lettre de cadrage du Premier Ministre, Son Excellence Jack Guy LAFONTANT, Le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique a réalisé, de mars 2017 à avril 2018, plusieurs actions :

1- PRÉPARATION DU PLAN STRATÉGIQUE DU MJSP EN MATIÈRE D’ÉTAT DE DROIT

PLAN D’ACTIONS :
Le Ministère a finalisé l’élaboration de son Plan Stratégique Quinquennal en matière de réforme de la justice et de l’État de droit pour la période 2017- 2022. Ce plan a été soumis aux différents partenaires regroupés en une seule entité en vue d’aboutir à la réalisation de la Table Sectorielle du secteur. Il s’articule autour des grands axes suivants :
·         Le renforcement des capacités du Système Judiciaire.
·         L’assainissement de la gestion du Budget alloué au MJSP et des Organismes Déconcentrés ;
·         l’Assistance Légale,
·         La modernisation des Professions Judiciaires,
·         L’amélioration de la chaine pénale,
·         La réforme du Code Pénal et du Code de Procédure Pénale,
·         La modernisation de la justice des mineurs (et des parquets),
·         La lutte contre la criminalité et les crimes transnationaux (Trafic de la drogue, blanchiment, traite des personnes), contre les violences faites aux femmes, contre l’insécurité foncière, contre la détention préventive prolongée,
·         Le renforcement des Offices de l’État Civil,
·         Le renforcement de la PNH et de l’Administration Pénitentiaire. 

2- RENFORCEMENT DES STRUCTURES INFORMATIQUES DU MJSP

Afin de moderniser les services du MJSP et de faciliter la communication au sein du Ministère, il a été procédé :
·    Au renforcement et à l’installation d’un système internet haut débit.
     À la réhabilitation et la configuration du site du MJSP par le biais d’un serveur servant de contrôleur de domaine, ce dans un avenir proche.
·  Projet de gestion informatisée des cas judiciaires (GICAJ) avec le concours de l’USAID avec l’installation à terme de serveurs au MJSP reliant les juridictions.
·   Élaboration avec la Minustah d’un projet d’archivage électronique des dossiers de justice à travers tous les tribunaux du pays de manière à établir un fichier central des dossiers en cours. 
     Suivi avec la Minujusth.


3- RENFORCEMENT DES STRUCTURES ADMINISTRATIVES DU MJSP

·         Un inventaire de toutes les activités du Ministère a été réalisé pour déterminer         un organigramme de l’institution et la description du personnel.
·         Élaboration du projet-loi portant réorganisation et fonctionnement du Ministère de la Justice.
·         Inventaire des ressources humaines réalisé afin d’harmoniser les structures du MJSP avec les directives de l’OMRH en matière de recrutement des cadres. 

4- PROFESSIONNALISATION DES ACTEURS JUDICIAIRES

·         Le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique de concert avec le CSPJ et le
Président de la République ont procédé, durant le mois de septembre 2017, à la
nomination et l’intégration de 67 élèves magistrats issus de l’École de la Magistrature (52 magistrats assis et 15 parquetiers).
·         La formation initiale, théorique et pratique de 40 aspirants-greffiers licenciés, d’une durée de 6 mois, débutée le 6 novembre 2017.
·         Renforcement de l’équipe administrative de l’EMA par la promotion interne de staff cadres formés, issus de l’administration centrale
·         Harmonisation du travail des Commissaires de Gouvernement à travers une série de Circulaires et de mémorandum.
·         Formation d’une commission mixte entre les représentants du MJSP et l’Association Nationale des Greffiers (ANAGH) aboutissant à la signature d’un accord sur la
·         satisfaction de certaines des revendications et les avantages sociaux à accorder aux
greffiers, huissiers et commis-parquet.
·         Compilations des données sur les travaux réalisés par les Substituts du Commissaire du Gouvernement couvrant les deux dernières années judiciaires. (juillet 2015-octobre 2017)
·         Signature d’un protocole d’accord entre le Ministre de la Justice, mandaté par le Premier Ministre, et le Président du CSPJ sur les avantages sociaux à accorder aux Juges.
·         Restructuration du Bureau des Affaires Financières et Économiques (BAFE) afin d’harmoniser le processus de nomination et la distribution des primes de risques qui y sont accordées ;
·         Envoi au Ministère des Finances de la liste des fonctionnaires du MJSP éligibles à la retraite afin d’ouvrir l’Administration au recrutement de nouveaux cadres, et ainsi avoir un service public plus dynamique et un personnel plus jeune, selon les directives de l’OMRH.

5- L’ASSISTANCE LÉGALE
L’accès à la justice est un droit fondamental de la personne. Aussi le Ministère a décidé de s’approprier cette thématique et de rendre l’assistance légale un service public rendu aux citoyens à faibles revenus.
·         Il a été créé un Comité de Pilotage présidé le MJSP ayant pour tache la coordination de toutes les activités de l’Assistance Légale dans le pays. En ce sens, le projet de loi visant à mettre en place un Système National d’Assistance Légale (SYNAL) a été finalise et déposé au Parlement.
·         Le MJSP s’est engagé à cet effet à prendre en charge progressivement dans son budget, le financement de tous les bureaux d’assistance légale (BAL) à travers le pays.

6- JUSTICE DES MINEURS
·         Préparation d’un projet de circulaire relatif au fonctionnement de la justice pour les mineurs.
·         Rencontre avec le directoire de l’EMA sur l’élaboration d’un programme de formation spécialisée pour les juges pour enfants.
·         Rédaction d’un plan d’action pour la création de centres de rééducation et de réhabilitation des mineurs.

7- AMÉLIORATION DU FONCTIONNEMENT DE LA CHAINE PÉNALE
·         Plusieurs circulaires ont été adressées aux Commissaires de Gouvernement pour moderniser le travail des Parquets, lutter contre la détention préventive prolongée et mettre de l’ordre dans la délivrance des exequatur relatifs à la question foncière
·         Réactivation de l’expertise pénale à travers l’Institut Médico-légal
·         Des assises criminelles ont été organisées dans plusieurs régions du pays.

8- RENFORCEMENT DES ACTIONS CONTRE LA DÉTENTION PREVENTIVE PROLONGEE
Mise en œuvre du PLAN THEMIS :
·         Élaboration et exécution du document conceptuel de support du programme dénommé « THEMIS » destiné à combattre la détention préventive prolongée et rétablir la régularité du fonctionnement optimal de la chaine pénale dans les juridictions, notamment du Cap-Haitien, de la Croix des Bouquets et surtout de Port-au-Prince, qui affiche un taux de détention préventive avoisinant les 70%. Le Plan Thémis a démarré à Port-au-Prince depuis le 12 juin 2017 et s’étendra sous peu dans les autres juridictions.

9- INSÉCURITÉ FONCIÈRE
·         Vaste programme de communication, de sensibilisation et de recadrage sur le problème de l’insécurité foncière de manière à attaquer la situation tant au niveau de la justice qu’au niveau de la société.
·         Création de la Brigade d’Intervention Contre l’Insécurité Foncière (BRICIF)
·         Notes du MJSP aux Chefs de Parquets afin d’instrumentaliser la vision du gouvernement en matière d’insécurité foncière.


10- PROGRAMME D’ASSAINISSEMENT
Epuration du personnel. :
·         Missions à travers le pays entre le mois de juillet et de septembre en vue de la vérification de la présence effective du personnel par la remise des chèques de payroll et ainsi l’élimination des chèques non réclamés pour cause d’abandon-cessation-décès. 119 cas ont été recensés à date. Ceci permettra au MSJP d’économiser 8 millions de gourdes dans le budget annuel. Le processus est toujours en cours durant le mois de décembre et permettra d’arriver à un montant plus élevé.
·         600 contractuels ont été recensés dans l’administration du MJSP avec des arriérés de salaires de 62 millions de gourdes, dont 8 millions de gourdes pour les bureaux d’Assistance Légale.
·         Les contrats de consultants n’ont pas été renouvelés en octobre 2017, permettant ainsi d’en finir avec les dettes récurrentes et les tensions au MJSP.
·         Renvoi de plusieurs cadres de Parquets pour absence de performance, inefficacité et corruption. Ceci rentre dans le cadre de l’assainissement des Parquets de la République.
·         Réparation des Parquets et Tribunaux de Première Instance des principales juridictions du pays en prévision de la rentrée judiciaire en octobre 2017. Ces travaux ont été entièrement financés dans le Budget du MJSP.
·         Réalisation de travaux de réparation et réfection à l’EMA pour une plus grande capacité d’accueil pour les formations prévues. Il est prévu en janvier 2018 la formation continue pour tous les Greffiers du système judiciaire en même temps que les nouveaux greffiers.

11- MODERNISATION DE L’ÉTAT CIVIL
Cette stratégie vise à moderniser le système de l’État Civil haïtien par :
·         Campagne de sensibilisation de la population et des responsables locaux
·         La systématisation de l’enregistrement des naissances et des décès
·         La mise sur pied bientôt de caravanes d’enregistrement de naissance, de décès et de mariage
·         L’informatisation, l’adéquation des équipements et le renforcement des capacités professionnelles des Officiers d’État Civil par des formations adéquates à l’EMA, indispensable pour moderniser les offices de l’Etat Civil.

12- BLANCHIMENT ET AUTRES CRIMES LIÉS
·         Participation du 28 Mai au 3 juin à l’Assemblée Plénière du GAFIC (Groupe d’Action Financière de la Caraïbes) ou le dossier d’Haïti a été passée en revue pour l’adoption de note sur le pays. Les préparations de ce dossier ont été réalisées de concert avec le secteur bancaire, soit l’APB et la BRH après plusieurs réunions de planification.
·         Une note positive a été octroyée à Haïti à l’issu de la plénière. Toutefois, le pays doit préparer l’évaluation des risques en préalable à l’évaluation mutuelle de Juin 2018. Haïti a appliqué officiellement pour être l’objet de la procédure d’exit pour la plénière de novembre 2018. (voir rapport envoyé au Premier Ministre)
·         Première réunion du Comité National de Lutte Anti Blanchiment CNLBA le mercredi 20 décembre 2017.
·         Préparation de l’Évaluation Nationale de Risques (ENR) du pays de concert avec la Banque Mondiale en Janvier 2018
·         Préparation de l’Évaluation Mutuelle (MA) de concert avec le GAFIC prévue pour juin 2018.

13- PROJET DE LOIS, LOIS ET ARRÊTÉS
·         Dépôt au Sénat de la République du nouveau code pénal et du nouveau code de procédure pénale
·         Dépôt au Sénat du projet de la loi sur l’Assistance Légale
·         Dépôt au Sénat du projet de réforme des régimes matrimoniaux
·         Publication au journal officiel « le Moniteur » de la loi organique régissant le fonctionnement de l’UCREF
·         Élaboration du projet de loi sur la Nationalité Haïtienne
·         Élaboration du projet de loi sur la Haute Cour de Justice
·         Élaboration du projet de loi portant réorganisation du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (en veilleuse)
·         Projet d’élaboration du projet de loi régissant le fonctionnement des greffiers
·         Élaboration suivie de la publication de l’Arrêté créant la Brigade d’Intervention Contre l’Insécurité Foncière (BRICIF)
·         Dépôt au Sénat de la République du projet de loi Instituant la Carte d’Indentification Nationale Unique (CINU) et portant sur la protection des données personnelles.

14- PARTENARIAT TECHNIQUE ET FINANCIER (PTF)
·         Création de la Table sectorielle du secteur Justice avec tous les partenaires financiers (PTF).

DISCOURS À L'OCCASION DE LA CÉRÉMONIE DE REMISE DE COMMISSIONS AUX ÉLÈVES-MAGISTRATS AU CSPJ (sept 2017)


DISCOURS À L'OCCASION DE LA CÉRÉMONIE DE REMISE DE COMMISSIONS AUX ÉLÈVES-MAGISTRATS (sept 2017)


Salutations d’usage....

L’heureux hasard a voulu que ce soit moi, Directeur Général du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique, qui ai l’honneur de faire entendre ma voix en vous communiquant les pensées de mon Ministre, Magistrat Heidi FORTUNÉ, en tournée dans le grand Sud du pays pour les causes de notre justice, tâche à laquelle je ne saurais me soustraire puisqu’elle m’a été donnée par un magistrat qui a écrit son nom en lettres d’or dans les annales de notre système judiciaire et qui continue encore à être une fierté tant à l’égard de ses pairs que de nos concitoyens en général. C’est l’occasion pour moi de le féliciter pour ce qu’il est en train d’accomplir au sein du ministère qu’il dirige et aussi le remercier de l’opportunité qu’il m’a offerte pour être sa place à cette grande cérémonie.

En effet, après cette longue traversée du désert imposant la rigueur au niveau de la méthodologie appliquée dans l’examen minutieux des dossiers qui ont été soumis, nous voici aujourd’hui au terme du processus visant à doter notre cher pays de compétences sûres dans l’administration et la distribution de la justice.

Cette cérémonie revêt un cachet spécial vu que les trois plus grandes entités de l’État se rassemblent dans l’enceinte du CSPJ, siège du pouvoir judiciaire, pour présenter à la nation les figures dont la mission sera de permettre à nos cours et tribunaux de rendre la justice au nom de la République, et à qui elle est due. Ce qui se répète assez souvent sur presque toutes les lèvres mais qui laisse la majorité d’entre nous sceptiques voire incrédules et qui attendent une seule chose: “passer de la parole aux actes”.

Si nous sommes là aujourd'hui pour célébrer ce grand évènement c’est parce que, selon la loi portant création du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire, il revient au Président de la République, sur recommandation du Conseil, de commissionner les juges devant intégrer les Tribunaux de Paix, ceux des Tribunaux de Première Instance et des Cours d’Appel. Le Président de la République, son Excellence Jovenel MOISE et le Premier Ministre, son Excellence Jack Guy LAFONTANT, soucieux de leur mission qui consiste à mener à bon port le pays en favorisant la bonne marche de nos institutions, se sont mis à l’œuvre en se livrant corps et âme pour le renforcement de notre système judiciaire par la création de nouveaux Tribunaux de Première Instance et par l’intégration, la promotion ou le renouvellement de mandat des juges appelés à se prononcer sur tous les cas qui leur seront soumis, selon la loi et leur conscience.

Assurément après cette séance, dans un temps très proche, vous qui allez recevoir vos commissions partirez chacun, chacune dans la juridiction à laquelle vous êtes affecté (e) pour faire la promesse, en prêtant le serment d’usage, de vous comporter tout au long de votre mandat en bon et loyal magistrat. Et, ce n’est pas tout car pour certains ou certaines d’entre vous il faudra être aguerri par le temps, usé par l’expérience tandis que pour d’autres, offrir à la postérité des modèles dont elle pourra se servir pour la bonne cause de notre justice qui en souffre. Ils ne sont pas légion, les magistrats qui s’acquittent de leur tâche en adéquation avec le serment prêté préalablement.

Cependant, me servant de la trajectoire du Ministre Heidi FORTUNÉ et du contenu de ses textes diffusés en sa qualité de magistrat par voie d’internet, qui nous régalent incessamment, laissez-moi vous dire, mes chers commissionnés, que sa carrière est auréolée de succès grâce à certaines règles dont il a toujours fait ses références et que la cérémonie d’aujourd’hui lui fait cette imposition de vous partager afin que vous soyez à la hauteur des responsabilités qui vous attendent.

Règle no 1: un grand magistrat est celui qui possède des valeurs morales et intellectuelles.

Règle no 2 : un grand magistrat est celui qui se donne à fond dans l’accomplissement de ses tâches.

Règle no 3: un grand magistrat est celui qui n’éprouve aucune crainte dans le traitement des dossiers à lui soumis.

Règle no 4 : un grand magistrat doit-être celui qui impose sa force de caractère dans tout ce qu’il fait dans le cadre de sa fonction.

Règle no5: un grand magistrat est celui qui fait craindre les bandits, les délinquants de quelque corps auquel ils appartiennent.

Règle no 6: un grand magistrat est comme le bon citoyen qui respecte les droits des autres, notamment de ceux contre qui une action est dirigée ou une instruction est menée.

Règle no 7: un grand magistrat est celui qui n’a pas d’état d’âme quand il exerce sa fonction, il est comme la femme aux yeux bandés tenant le glaive à la main.

Règle no 8: un grand magistrat est celui qui n’a pas peur de se prononcer quand un fils de la maison agit mal ou bien quand le corps est victime d’une attaque d’où qu’elle vienne.

Règle no 9: un grand magistrat doit-être un défenseur des principes et de bonnes idées.

Règle no 10: un grand magistrat doit-être un bon collaborateur vis-à-vis de ses pairs et de tous autres avec qui il est appelé à travailler.

Règle no 11: un grand magistrat est celui qui s’oublie pour faire triompher le Droit et la Justice.

Règle no 12 : un grand magistrat est un grand ennemi de la corruption, de l’impunité, de la concussion et aussi de l’incompétence.

Comme les douze(12) disciples qui se rassemblèrent autour d’un seul maître, en la personne de Jésus-Christ, ces douze(12) règles sont comme le fléau qui soutient la balance, symbole d’une justice saine et équitable.

Voilà le message qui vous a été préparé par mon Ministre Magistrat de qui j’emprunte la voix pour vous dire enfin: BON COMBAT!


Heidi FORTUNÉ, Magistrat
Ministre

mardi 3 octobre 2017

DISCOURS DU MAGISTRAT HEIDI FORTUNÉ, MINISTRE DE LA JUSTICE ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE, À L’OCCASION DE LA RÉOUVERTURE DES COURS ET TRIBUNAUX DE LA RÉPUBLIQUE LE 02 OCTOBRE 2017.



DISCOURS DU MAGISTRAT HEIDI FORTUNÉ, MINISTRE DE LA JUSTICE ET DE LA SÉCURITÉ PUBLIQUE, À L’OCCASION DE LA RÉOUVERTURE DES COURS ET TRIBUNAUX DE LA RÉPUBLIQUE LE 02 OCTOBRE 2017.

Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,
Monsieur le Président du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire et de la Cour de Cassation,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames, Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs les Président et Membres de la Cour Supérieur des Comptes et du Contentieux Administratif,
Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,
Mesdames, Messieurs les Magistrats assis et debout,
Monsieur le Président des Barreaux d'Haïti et Bâtonnier de l'Ordre du Barreau de Port-au-Prince,
Messieurs les Anciens Ministres de la Justice et de la Sécurité Publique ,
Messieurs les Anciens Bâtonniers,
Monsieur le Directeur de la Police Nationale d'Haïti,
Mesdames, Messieurs les Avocats,
Messieurs les Recteurs, Doyens et Professeurs des Universités,
Messieurs les Dignitaires Religieux et Coutumiers,
Mesdames, Messieurs les Greffiers, Commis-parquet, et Huissiers de Justice,
Mesdames, Messieurs les Officiers Ministériels et Auxiliaires de justice,
Mesdames, Messieurs, les représentants des Organismes des Droits Humains internationaux et nationaux,
Mesdames, Messieurs les représentants des organes de la presse parlée, écrite et télévisée,
Distingués (es) invités (es),
Mesdames, Messieurs,

C’est avec un sentiment de satisfaction profonde nuancée malheureusement d’une certaine déception que je prends la parole ce matin, en ma qualité de Garde des Sceaux de la République, à l’occasion de ce double évènement marqué par la réouverture officielle de nos Cours et tribunaux, et aussi le démarrage du nouvel exercice fiscal pour l’année 2017-2018. En dépit de nos divergences exprimées, à tort ou à raison, à travers des prises de position ayant des incidences majeures sur la vie politique, sociale et économique du pays, nous, représentants des trois pouvoirs dont l’existence même donne à notre État le statut d’État démocratique, nous voici réunis dans le dessein d’accomplir une mission sacro-sainte confiée par notre constitution de 1987 amendée.

Ce sentiment de satisfaction grandement éprouvée, auquel je fais allusion s’explique, au prime abord, par les efforts consentis par le gouvernement en général ainsi que le ministère que j’ai l’honneur de diriger, en particulier, à travers un programme conçu, bien aiguisé et en cours d’exécution bien entendu,  non seulement à mettre en place des mécanismes pouvant renforcer davantage la capacité des différentes  institutions étatiques, mais encore à créer ou à  rendre possible l’existence de certaines structures afin qu’elles puissent répondre avec célérité et efficacité aux besoins de la population.

Qu’il me soit permis ensuite d’évoquer avec une franche modestie et sans risque d’être démenti l’application saine et méthodique du plan de travail que nous avons nous-mêmes (mon équipe et moi) élaboré minutieusement à mon département, eu égard aux vœux du Président de la République, Son Excellence Jovenel MOISE et à ceux du Chef du Gouvernement, Son Excellence, Dr JacK Guy LAFONTANT, exprimés dans la lettre de cadrage adressée aux titulaires des différents ministères, et qui se focalisent sur la  concrétisation d’un  rêve cher caressé par d’honnêtes citoyens, paisibles, respectueux des principes : il s’agit de voir Haïti se transformer en un véritable ÉTAT DE DROIT, État où il ferait bon vivre, État au sein duquel les "hors-la- loi" n’auraient pas leur place.

Toujours dans le cadre de la poursuite des objectifs définis dans le plan de travail du ministère, on a abordé de front le problème de la corruption qui ronge notre système judiciaire, ce qui a débouché sur la poursuite pénale des présumés auteurs ou co-auteurs ou complices, qu’ils soient magistrats, fonctionnaires ou grands commis de l’État, avec comme corollaire la révocation ou  toute autre forme d’expulsion de ces derniers, selon nos lois régissant cette matière. De plus, des instructions en termes clairs et précis sont passées aux agents du pouvoir que je représente, qui sont dans le judiciaire, dans le cadre d’une nouvelle politique de prévention et de répression contre le phénomène de la corruption. Que je vous dise en passant que durant ces deux dernières années judiciaires, certains Parquetiers ont été inefficaces. ils n'ont produit aucun réquisitoire notamment au niveau des Parquets prés les Cours d'Appel et des Tribunaux de première instance. Faut-il continuer à verser des émoluments pour un travail non fourni? NON! Des mesures administratives fermes s'imposent, et ce, sans aucune indication de méchanceté. SINÉCURE ET CORRUPTION = ZÉRO TOLÉRANCE

Des mesures ont été prises également pour combattre un autre phénomène qualifié de dépossession violente et arbitraire en matière immobilière, tendant à mettre en péril la sécurité foncière. À cet effet, par arrêté présidentiel, la Brigade d'Intervention Contre l’Insécurité Foncière (BRICIF) fut créée, ce, sur initiative du ministère dont je suis le titulaire. Sa mission consiste à faire respecter le droit de propriété consacré  non seulement par notre constitution et nos lois en vigueur mais aussi par les instruments internationaux que  nous avons ratifiés. Au nom de la vérité, cette brigade se base présentement  dans les locaux du Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique et intervient dans des cas identifiés à Port-au-Prince ainsi que  dans les autres communes avoisinantes. Elle s’étendra sur le moyen terme au niveau des autres juridictions du pays, affectées par ce phénomène, afin de parvenir à son éradication. SÉCURITÉ FONCIÈRE = INVESTISSEMENT = CRÉATION D’EMPLOI

Quant à l’impunité, elle constitue un défi majeur. Une lecture rationnelle de ce phénomène requiert pour sa dissuasion l’implication de chacun, chacune aussi bien dans son statut que dans sa sphère d’action. Tout le monde est exposé à ce phénomène, tout le monde en peut sortir victime si on n’est pas prêt à se donner à fond comme par exemple en dénonçant les auteurs des infractions ou en acceptant de déposer contr’eux. Même les magistrats dans leurs agissements tendant à la favoriser n’y doivent être épargnés. Aux parlementaires, je dis : "Immunité n’est pas impunité".  À ce titre, un programme de sensibilisation et de motivation s’exécute à travers de brefs messages publicitaires encourageant les citoyens(es) à s’acquitter de leurs devoirs civiques aussi bien que d’une obligation imposée par la loi. NON À L’IMPUNITÉ = ÉTAT DE DROIT = SOCIÉTÉ DÉMOCRATIQUE

Je ne m’arrête pas là. Permettez maintenant que je sorte de mon tiroir un "gros dossier", celui de la détention préventive trop prolongée. On en parlait assez souvent sans envisager  pour le moins de vraies ébauches de solution. Ainsi, pour pallier ce problème, il a été conçu, puis mis en place une vaste opération baptisée sous le nom de Plan Thémis. Ce plan a permis et permettra encore la tenue régulière d’audiences spéciales correctionnelles et criminelles en vue de réduire à néant le nombre surélevé de personnes en attente de connaitre leur sort. Au cours de ces audiences, le respect des droits du ou de la prévenu(e) ainsi que de l’accusé(e) est de règle. En termes de résultat que cela a donné, je vous prie humblement de consulter les archives des Tribunaux de Première Instance de Port-au-Prince et vous verrez! L’on est en droit de se demander aujourd’hui : "Est-ce qu’on ne serait pas parvenu à un très faible pourcentage de personnes en situation de détention préventive trop prolongée, n’étaient-ce les arrêts de travail consécutifs et même parfois sans interruption observés par le personnel judiciaire (greffiers, huissiers, commis-parquet et juges) dans presque toutes les juridictions du pays" ? De ce qui précède, il résulte que le Plan Thémis reste et demeure un palliatif convaincant au problème de la détention préventive trop prolongée. 

Parlant encore de ce phénomène, s’il est une chose qui vienne assombrir le tableau que j’ai le privilège de vous présenter c’est l’arrêt de travail illimité par des personnes jouant un rôle clé dans le système, en quête de leurs satisfactions personnelles, ne prenant pas en compte la situation des "oubliés(es) de la prison". Cela m’affecte au plus profond de mon être. Voilà la déception dont je vous ai parlé au début de mon allocution. Ce pénible constat  devrait interpeller plus d’un à faire un plaidoyer en leur faveur pour que leur sort soit allégé à l’avenir par l’adoption d’une autre manière de faire tel qu’en cédant, par exemple, le minimum. Le droit à la grève, oui mais l’exercer comme on veut est une violation du Droit.

Dans une perspective de recherche de compromis, des discussions furent engagées tantôt avec les associations des greffiers au ministère, tantôt avec le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire au palais national. Suite à ces différents pourparlers des résolutions sont adoptées :
Pour les greffiers, huissiers et commis-parquet
Il a été décidé d’améliorer leurs conditions de travail en procédant de cette manière :
1-Un ajustement salarial de cinq mille (5000Gdes) gourdes sera opéré à partir de ce mois.
2- Ils seront tous couverts par une police d’assurance maladie suivant un accord conclu avec l'Office d'Assurance pour Accident du Travail et Maladie (OFATMA).
3-Pour le prochain exercice 2018-2019, la carte de débit leur sera octroyée.
4- Des mobiliers et matériels de bureau seront mis à la disposition des greffiers et des commis-parquet.
5-Les greffiers entreront dans un programme de formation continue à l’École de la Magistrature (EMA).

Pour les magistrats assis
1-Une indemnité mensuelle à hauteur du tiers (1/3) du salaire leur sera accordée. Elle sera effective dès ce mois.
2- Dix-neuf (19) véhicules seront distribués à tous les cabinets d’instruction, à raison d’un (1) véhicule par juridiction.
3-Quatre cent cinq (405) motocyclettes à distribuer également à tous les tribunaux, à raison de deux (2) par tribunal de première instance et de deux(2) par tribunal de paix.
4-La remise des commissions présidentielles dans le cadre de renouvellement  de mandat pour certains juges ou de promotion pour d’autres sera faite cette semaine.
5-Désormais, le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire participera au processus de préparation du budget.
6-La promesse d’honorer une dette de trente neuf millions (39,000.000 Gdes) de gourdes, contractée par le CSPJ pour ses besoins est à lui faite.
7-En ce qui concerne le transfert de compétence du personnel judiciaire     au CSPJ, cela est en passe de discussion.
8-L’engagement est pris pour faire, à moyen terme, réparer les locaux abritant les tribunaux et l’acquisition de mobiliers et matériels de bureau à leur compte.

Voilà l’accord trouvé entre les deux pouvoirs de notre État.
Espérons qu’avec ces résolutions, les délais fixés dans nos codes seront pour le moins respectés dans le traitement des dossiers, qu’il y aura un nombre insignifiant de gens en situation de détention préventive trop prolongée.
Espérons que par ces résolutions qui constitueraient le point de départ d’un renouveau du système le Droit triomphera toujours à travers une distribution saine et équitable de la Justice.
Tels sont les vœux que je puisse formuler à vous tous qui avez un rôle à jouer dans le système judiciaire haïtien.

BONNE ANNÉE JUDICIAIRE !                                              BONNE ANNÉE FISCALE !

Que Dieu bénisse Haïti.

Je m'appelle Heidi FORTUNÉ, je suis le Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique.